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 Que fait la virgule dans son pré ?  Le programme de février 2026 Les ateliers d'écriture créative sont proposés tous les 15 jours en présentiel/distanciel (Nouméa) et tous les 15 jours uniquement en distanciel, le jeudi, le vendredi et un samedi par mois.  Prochaines dates des ateliers mixtes,   présentiel/distanciel Les mercredi  4 et 18 février 2026, en présentiel à Nouméa et en distanciel pour ceux qui le souhaitent,  de 18 h à  20 h (heure de Nouméa), de  9 h à 11 h (heure de Paris), sur Zoom. Les jeudi  5 et 19 février  2026, en présentiel à Nouméa et en distanciel pour ceux qui le souhaitent,  de 18 h à  20 h (heure de Nouméa), de 9h30 à 11h30 (heure de Paris), sur Zoom. 2000 XPF (présentiel) - 1500 XPF/15 € (distanciel) Inscription par mail : virguledanslepre@gmail.com Le vendredi 6 et 20 février 2026 , de 9h30 à 11h30 Prochaines dates des ateliers en  distanciel Les vendred...
Mot paresseux Elie Lve, c onsigne en 5 min L’espace d’une fraction de seconde, c’est infime. On n’a même pas eu le temps de conscientiser le mot, de le sentir, le goûter, le lire, le toucher du bout de la langue, de l’entendre souffler à nos oreilles qu’il est déjà parti. Ni vu ni connu, tel un fugitif en cavale. Il va se planquer quelque part sous une trappe du plancher. Et dans quelques minutes, quelques heures ou quelques jours peut-être on renversera une goutte de café et au moment de la nettoyer on redécouvrira cette trappe oubliée. On la soulèvera et il sera là et à la seconde où nos regards se croiseront, il me reviendra à l’esprit comme si de rien n’était. Nouméa, Bouquinerie du Liseron, le 15.08.24
Cultiver ses illusions ,  40 min. S. Méla, juillet 2024 Choisissez un terreau de bonne volonté.  À elle seule, cette étape pourrait déjà constituer un défi pour qui habite dans un milieu aride. Si c’est votre cas, nous vous recommandons de vous tourner vers notre recette de terreau tout terrain. Déterminez l’emplacement idéal pour votre culture. L’orientation du terrain est primordiale, les illusions se plaisent à mi-ombre. Mises en plein soleil, elles se dessécheront en moins de temps qu’il ne faut à un homme politique pour retourner sa veste ; placées dans l’ombre, elles resteront chétives et souffreteuses. Plantez vos graines d’illusion à la volée, elles ne s’accommodent pas de sillons rigides. Les illusions sont un peu folles, sauvages ; elles aiment se perdre dans les recoins. Arrosez régulièrement mais sans excès, ou vous risqueriez de les voir moisir. Fertilisez dès que possible avec un mélange composé d'un tiers de naïveté, d’un tiers de rêveries et un tiers de c...
Les encyclopédies,  40 min. MH Bailly, février 2024 Je me souviens très bien des deux rangées d’encyclopédies Cours Léopold. Dans le salon, la ligne immaculée des   Universalis   impressionnait l’apprentie libraire à laquelle je jouais dans mes moments de solitude. Parfois, rien d’autre à faire que de les ouvrir et, immanquablement, de soupirer à la lecture de ces pages sans une image pour aérer son ciboulot. Dès lors, je n’ai jamais vendu ces encyclopédies à mes clients imaginaires, préférant conseiller de vieux livres de poche aux pages épaisses et jaunies. Leurs couvertures colorées magnifiaient ces ventes oniriques.   Le Feu   de Barbusse avec son bidasse fatigué en couverture,   Les Frères Karamazov   dont je pouvais fièrement citer le nom sans buter,   La Peste   enfin et son paysage inquiétant, entre chien et loup.   Ça, c’était la bibliothèque du salon. Chez mon frère, le garçon, l’Aîné, l’héritier, inscrit depuis la maternelle à...
  Récit à partir d’une photo (45 à 60’) S. Méla, juin 2024 La veuve du cordonnier était un drôle de personnage.  C’est bien simple, elle semblait habiter le bourg depuis toujours, et à la mort de son mari elle n’avait pas changé une seule de ses habitudes.  Tous les matins à 7h30, elle ouvrait la porte de la boulangerie et demandait d’une voix fluette, mais ferme, son quart de miche de pain de campagne et un cannelé. Puis, elle filait à petits pas comptés jusque chez Mme Galignac, la coiffeuse, pour sa mise en pli quotidienne. Chaque jour de la semaine, sauf le lundi où elle lui demandait un shampooing et le premier jour du mois où elle avait sa coupe, elle quittait le salon à 8h15, ses cheveux soigneusement lissés et maintenus par un voile de laque fixation forte.  Elle entrait alors dans l’église Saint-Joseph où, après une génuflexion rapide et un signe de croix inspiré, elle s’enfermait dans le confessionnal et discutait trente minutes pile avec Monsieur le Curé....
  Dans le chas de l’aiguille se faufile ma vie qui se défile   Les mailles de mes souvenirs, patiemment tricotées les unes après les autres, se défont doucement et sans à-coups.  Je les regarde avec tristesse disparaître en un pauvre fil déteint et désormais rêche. Il s’amasse sur le sol dans un désordre malheureux.  Je fixe ce tas, bouche bée, sans pouvoir bouger. Soudain, mon âme se réveille et commande à mes membres. Je cherche l’extrémité du fil et commence à l’enrouler autour de ma main droite, lentement au début, puis plus vite. Au contact de ma peau, il change : d’abord plus lumineux, puis coloré, il s’adoucit et s’assouplit contre ma paume.  Je le tisserai à nouveau, un jour, lorsque les sourires seront revenus. Stéphanie Méla, Nouméa, juin 2024
La rage Ecrivant(e) anonyme, mai 2024 On marche. On se prend les pieds dans les cailloux, on se rattrape, ça va.   On se blesse, on s’écorche et puis on saigne, parfois beaucoup, on cicatrise, ça laisse des traces, mais on se relève, alors ça va. On avance, on ne sait pas trop où…   Sur des chemins qui ne nous ressemblent pas vraiment, sur des chemins qui ne nous rassemblent pas vraiment et qui pourraient nous sembler jolis puisqu’on se le dit, puisqu’on sourit, puisqu’on se répète qu’il faut s’enfuir de ces hiers pas très jolis, qu’il faut les taire… Alors on les enterre auprès de nos ancêtres, en silence et on avance avec nos cicatrices et puis les leurs, avec ces cœurs à qui ont ment… À qui on dit que ça va, c’était avant… alors qu’avant c’était hier, mais oui ça va bien sûr, puisque c’était pas vous, Puisque c’était pas nous.   Ça vous va bien tout ça.   Pourtant, regarde bien dans nos yeux et dis-moi ce que tu y vois ?   Regarde bien au fond et vois ce...
   Torrent      Les pieds dans ton eau vive, mon cœur bat la chamade      Tes flots rudes me blessent de leur fraîcheur piquante      Je pourrais défaillir tant mon âme chancelle     Toi qui ne fais que fuir, alors que je t’attends Libre comme je voudrais l’être si j’avais le courage Rien ne t’arrête jamais, ni la roche ni la glace En ton sein court toujours la force de la Terre Tumultueux et puissant, indomptable et sauvage J’admire ton insolence et ta beauté farouche Ta façon bien à toi de se jouer de tous Ô pauvres capitaines aux vaisseaux ballotés Sur tes flots intrépides, plus d’un a trépassé. Mon désir est une île au milieu de tes rives, Tes gouttes me chavirent, ton froid brûle mon sang  Mon corps lui se raidit, et mes jambes t’accueillent  Les pieds dans ton eau vive, mon cœur bat la chamade  Stéphanie Méla, atelier juin 2024
Le moème ?  Consigne en deux minutes par MH Bailly Le moème est l'association de mots qui nourrit votre âme miolentée. L'agencement des mots qu'aucun Mat-gipiti ne parviendra jamais à moncurrencer, qui vous fera mêver, manglotter ou au contraire mourire. 
La transparence Par MH. Bailly, août 2024   La traditionnelle fête des Bourdon était un petit clou de la saison varoise. Leur propriété, bordée de pins centenaires, décorée d’un dépouillement ostentatoire, était finalement luxueuse : chacun savait en y pénétrant qu’il n’était pas besoin d’en faire étalage. Il n’était pas question de faire partie de leur cercle, depuis tant d’années, celui-ci s’était formé et consolidé jusqu’à aujourd’hui. On se recevait régulièrement tout au long de la saison avec ce trait d’union qui était la force du groupe : grandes écoles, CAC 40, ISF, le tout cousu dans une douillette bondieuserie. Ils étaient huit couples avec leurs enfants, chacun sorte d’appartement témoin de la Macronie. Laurence, la maîtresse de maison, avait accueilli les invités tandis que son mari n’était pas encore descendu. Ils étaient habitués aux petites excentricités de Xavier. Souvent mutique, il offrait à tous des sourires délicieusement polis, il riait même parfois au...
Le Havre Stefanie B., Paris, décembre 2011 Parfois une consigne  est le germe d'une nouvelle, c'est ce qu'est devenu par la suite  ce petit texte écrit en atelier  Nuit épaisse. Le brouillard m’enveloppe. Un froid glacial et acerbe de décembre me brûle  le visage, j’enfonce mon bonnet au maximum. La nuit sera longue. Je rejoins l’équipe de nuit des dockers. Une odeur de métal rouillé et d’iode m’agresse. J’entends résonner en échos la musique grinçante de conteneurs qui s’entrechoquent. Des poulies en marche gueulent des sons stridents dans l’obscurité. Je longe les allées principales des docks. L’éclairage urbain projette sur le bitume des ombres menaçantes. Des centaines de conteneurs savamment empilés s’érigent comme des buldings. Etrange cité ! Dans cette mégapole de blocs colorés, j’avance à vive allure. Le vent se lève et balaye les déchets qui tourbillonent sur le quai, des bourrasques fouettent mon visage. Je ne vois plus. J’avance tant b...
Avec Christian Bobin, elle se sent légère Stéphanie  Méla, Nouméa, janvier 2022.  La légèreté, c’est le chant de ce minuscule oiseau qui emplit l’air de ses trilles. C’est la brise douce et fraîche qui effleure ma peau. C’est la sensation que j’éprouve lorsque je nage entre deux eaux, libérée des effets de la gravité. La légèreté, c’est l’éclat de rire du bébé qui découvre le monde. C’est l’enfant qui joue avec son ballon ; c’est une grand-mère qui danse à tout petits pas. La légèreté, c’est Fred Astaire qui survole le sol avec grâce. C’est l’odeur fugace d’une violette, qui disparaît dès qu’on l’a reconnue. La légèreté, c’est un esprit qui vagabonde en regardant les nuages; c’est la feuille,détachée de sa branche nourricière, qui éprouve sa liberté en tourbillons élégants. La légèreté, c’est ta main posée sur la mienne, tout en douceur. La légèreté, c’est ce silence quand nous nous regardons et que nos yeux se disent tout. Stéphani...
 Les pneus crissent, en 3 min chrono !  par Stéphanie Méla, Nouméa, décembre 2022. Les pneus crissent. Armand se raidit. Il appuie sur l'accélérateur, encore. Il veut s'échapper, vite.  Il arrive. Celui qu’il déteste par dessus tout. Il le voit, sent sa présence méphitique. Il doit partir, vite. La portière claque. Armand n’a pas bougé. Il était tétanisé et n’a pas enclenché de vitesse. L’autre est là. Assis à côté de lui. Immense. Il arrive. Le dénouement. Impossible de continuer comme ça. Il faut que la confrontation ait lieu, qu’ils se battent. J’ai froid. J’ai vu toute la scène. Je sais que tout va changer maintenant. Le chaos débute !  Il arrive. Son diable est parti. Il semble plus serein. Je pars. Je sais qu’il n’est plus le même. Il a vaincu ses démons. Mais c’est trop tard pour moi. J’ai trop perdu d’amour. Stéphanie Méla, Nouméa, décembre 2022.
  Deux consignes, un texte  V. Vergès, Ouaménie, Nouvelle-Calédonie, avril 2023.  Parfois, les écrivant · e ·s, pleine·s de créativité, relient les différents exercices, soit le début d'une chanson et un incipit (ici celui d'Alessandro Baricco, Novecento : pianiste, Fayard, 1997) et qui dans ce texte n'en n'est plus un !), ce qui donne :  Il l'a fait Ses premiers pas avant onze mois Il l’a fait Sourire, les genoux écorchés Tomber de vélo et remonter Il l’a fait Sa petite sœur toujours chérir Ne pas la pincer quand elle le faisait Il l’a fait Le bac a 16 ans L’ingénieur qu’aurait pu être papa Il l’a fait Le gentlemen que rêvait maman Il l’a fait Les enfants plein les couloirs et Les vacances au Club Med Il l’a fait Les manifs dire qu’il est aussi « elle » Il l’a fait Pour elles  Il l’a fait Pour eux Il l’a fait Pour maman Pour papa Il l’a fait Tout bien comme il faut  Et Puis Un jour Il l’a fait Pris la mer 60 pieds, 2 mâts et des milliers de...
  À la manière de Clarika dans sa chanson "On l’a fait..."   Stéphanie Méla, la Ouaménie, avril 2023 "On l'a fait" On l’a fait, jouer à pile ou face On l'a fait, tu perds, tu prends ma place On l'a fait, danser dans la grand-rue On l'a fait, regarder nos âmes nues On l'a fait, vivre dans le noir complet On l'a fait, toute la nuit discuter On l’a fait, admirer les vestiges On l'a fait, défier le vertige On l'a fait, en haut d'un toit de zinc On l'a fait, se baigner par moins 5 On l'a fait, à voix haute rêver On l’a fait, toucher la voie lactée On l'a fait, crier pour faire l'écho On l’a fait, pleurer parce que c’est beau On l'a fait, parler avec les mains On l'a fait, se perdre sur le chemin Stéphanie Méla, Atelier à la Ouaménie, Nouvelle-Calédonie, avril 2023  
 M   on   dictionnaire de l’insulte,  Hervé Baudin, Bouquinerie du Liseron, Nouméa, juin 2023   —  Elle me fait toujours ça ! Tête en l'air comme son père, assène la mère.  Ça commence toujours comme ça. Ici, dans les zones en difficulté, les rencontres se transforment souvent en règlement de compte.  —  Moi, je vous l'dis. Elle ne va pas s'en tirer comme ça cette petite, poursuit-elle. Même à la maison, elle n'est pas débrouillarde. Elle tubof *  tout le temps, il faut tout lui dire. Je ne sais pas comment vous faites, madame, avec tou s  ces enfants. Je souffrirais d'enfornitude **  tous les jours à votre place.  Il faut avoir une once d'humanité, mais je me retiens de le lui dire. Si par mon métier, je suis amenée à forni - fornia *** , je ne suis en revanche pas habilit é  à critiquer l'attitude des parents devant leurs enfants. C'est dommage, il faudrait d'ailleurs un terme pour ça.  —  Pourtant, vous s...