Je tenais à vous revoir Ma rue était traversée de brume ce matin-là. L’une après l’autre, mes jambes s’étendent, mon corps se déploie. Sous la chaleur soyeuse de la couette, mon âme dort encore. Après le tourniquet du métro, les premiers effluves de chaleur. Le monde, le monde, le monde massé, jusqu’au bout du quai. Autour d’un café noir bien trop chaud, mon estomac se recroqueville en râlant. Au coin de mon cœur, posée sur l’extrémité d’une fougère, une goutte de miel, l’éclat bleu de ton sourire, dans le sous-bois insoupçonné de mon espérance abandonnée. Résistance au départ, résistance au frein, mon corps s’agrippe à la froide certitude d’une barre métallique tombée du plafond. Odeur des corps, étuve des regards perdus, désespoir des cœurs désertés. Tes bras entourent naturellement ma taille, certitude du moineau retrouvant son nid. Station après station, un compte à rebours s’égrène en secret. Le poids des dossiers, l’encombrement des réunions pesantes, l’inépuisable liste des tâch...