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Articles

Demain, je m'y mets

Un jour, vous avez envie d'écrire.   Sans doute, avez-vous toujours envie d’écrire. Peut-être, sous le coup d’une inspiration fulgurante, imaginez-vous un roman, une nouvelle, quelque chose. Avez-vous commencé ?  Hésitez-vous, arrêté·e à la croisée des chemins ?  Où aller ? Que raconter ?   Vous laissez tomber, puis y revenez. Le rêve s’accroche dans un coin de votre tête. Mais vous n’avez pas le temps, pas l’énergie. Le boulot, les courses, le ménage, les enfants, les amis, un match, les beaux-parents, un ami à consoler… Vous décidez de vous lever plus tôt le matin et, comme Véronique Ovaldé, écrire deux heures avant métro-boulot-dodo. Non ! Vous n’êtes pas du matin. Plein·e de bonne volonté, vous tenez. La première fois, vous mettez le réveil à 6 h et vous vous accordez 1 h, c’est déjà ça ! Vous bâillez devant votre troisième café et n’écrivez guère plus de trois lignes. Vous persévérez. Ne pas se décourager. Le lendemain, vo...

Consigne
Étant donné un mur, que se passe-t-il derrière ? 

Dans Espèces d’espaces, Georges Perec cite Jean Tardieu : «  Étant donné un mur, que se passe-t-il derrière ? »   Parce qu’écrire, c'est dépasser ses limites ; occuper un espace, ouvrir, regarder au-delà de soi et des horizons, j’ai proposé aux écrivants de répondre à la question posée par le poète. Le texte pourrait être le démarrage d’une nouvelle, qui est souvent une réponse à une question non formulée, mais suggérée, voire posée à la fin. Inspirée, je livre le texte médiateur qui suit.  Écrire sur le mur. Les murs qui nous enferment, les murs qui nous soutiennent ; les murs où je me frappe la tête, cogne les poings. Les murs. Écrire sur le mur. Les façades sur lesquels tu traces, les soirs de pleine lune, ta colère, ta rage, ta volonté de changer le monde. Ha bas le système ! Tu fustiges les riches, la pauvreté, les salaires, le racisme.  Tu urines de bombe noire les allées du parc, les panneaux publicitaires, les sorties de métro, l...

Pourquoi corriger, réécrire un auteur ?

Note à l’intention des auteures[1] d' Un jour, une femme tombe Parce qu’un auteur manque de recul pour corriger son propre texte, qu’il a déjà lui-même écrit et réécrit, corrigé, allégé à de multiples reprises. Il a souvent passé de longues heures à peaufiner une phrase, changer un paragraphe, en se posant mille questions, seul face à lui-même. L.-F. Céline, et M. Proust ont raturé et repris des pages entières.  • Rendre publique Le texte édité (ou en cours de l’être) sort de l’antre de la création. L’auteur n’est plus en tête à tête avec lui, il le donne à lire à l’Autre. Il le donne au monde. Si l’écriture est la gestation du livre, sa publication est son accouchement. L’éditeur est là pour l’aider à naître, à vivre en société. En effet, si un auteur écrit, c’est pour être lu, pour communiquer. Son message doit être fort et non se perdre dans la foule d’autres messages. Il doit être percutant, il faut donc parfois l’alléger pour lui donner plus d’intensité. Ce ne sont pas les dét...

L’obsession, par Stéfanie B., écrivante

Obsession Putain, ça me reprend !  Elle est encore là, cette force.  Elle me submerge, elle agit comme une bête féroce.  Sans prévenir elle me saute à la gorge, s’empare de mes entrailles.  À chaque nouvel assaut le coup porté est de plus en plus violent.  Les moments d’accalmie sont rares.  Je supplie ma raison de reprendre le dessus.  C’est décidé, désormais je n’y penserai plus.  C’est fini. De toutes façons ça ne pouvait pas marcher.  Cette histoire ne mène à rien.  Dans ces moments de lucidité, je puise au fond de mon être, l’énergie nécessaire pour refaire surface.  Je me convaincs, me persuade à coup d’arguments bidons, pathétiques, que je suis redevenue moi-même.  Solide, je suis déterminée, gonflée à bloc. Pour combler ce vide d’incertitudes et chasser la folie qui m’effleure, j’applique le remède infaillible pour guérir.  Chasser l’obsession par épuisement pour ne pas sombrer.  Je contre-attaque.  Je me...

Jardin d'enfants, par Stéfanie B., écrivante

PELOUSES INTERDITES.   Des enfants couraient dans tous les sens dans le parc de la cité Bel-Air. Le jardin d'enfants, situé au coeur de la résidence, fonctionnait comme l'organe principal de ces tours en béton qui nous servaient de logements. Des groupes de femmes trônaient à l'entrée du parc. Assises sur le seul banc à l'ombre, une armada de poussettes barricadaient leur emplacement privilégié. Au centre, la cage à poules dominait les autres jeux éparpillés ici et là. La baleine, le tourniquet avec une de ses planches cassée, tournait sans fin et sans personne. Tous ces jeux sans intérêt sentaient la tristesse urbaine. La voie d'une mère brisait la cacophonie ambiante en appelant son fils du 4ème étage, c'était l'heure du goûter. Pain et Chocolat à croquer. C'était le meilleur moment de la journée, le calme s'installait pour quelques instants. Chat Glacé ! Une voix stridente venait fendre ce moment de tranquillité et relançait le rythme infernal des...